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Lundi 18 mars 2019
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19/02/2019 13:58 Il y a: 27 jour(s)

Appel à communications : « Idées » d'une autre Europe. Les conceptions divergentes de l'intégration européenne au XXe et au XXIe siècles au prisme de l’interdisciplinaire

 

Catégorie(s) : Informations générales, Appel à contribution

Journées d'étude des laboratoires CECILLE et CERAPS

13-14 juin 2019 à la MESHS (Lille)

À travers l'Europe toute entière, nous assistons actuellement à l'amplification d'un discours souvent qualifié d’ « eurosceptique » qui reproche à l'Union européenne d'être trop libérale. Les eurosceptiques et europhobes qualifient généralement de vaine toute tentative de transformation de l'UE, et ils en concluent que les populations et pays qui seraient en désaccord avec cette supposée marque idéologique n'auraient d'autre choix que de la quitter. À gauche, mais aussi à droite et à l’extrême-droite, les critiques de l’Union européenne véhiculent l’idée que la construction politique et juridique de l'UE porterait en elle-même une coloration idéologique. Si le fonctionnement actuel de l'UE ne doit pas être naturalisé, c’est que les idées et les projets d'une « autre Europe » ont existé et continuent à émerger : ce sont ces « possibles non-advenus » qu’il s’agit de placer sur le métier. La journée d'étude permettra d'examiner les idées présentes et passées d'une « autre » Europe ; des projets d'une communauté européenne qui serait par exemple plus démocratique ou qui aurait une autre couleur politique ou idéologique : socialiste, eurocommuniste, etc. Elle traitera donc non seulement de l'hostilité et du « scepticisme » à l'égard de l'UE, mais aussi et surtout des idées et projets pour une communauté européenne alternative, de leurs logiques de production et de leurs conditions d’éviction. Si ces deux journées seront l’occasion de voir en quoi « l’Europe sociale n’a pas eu lieu », elles peuvent également être l’occasion de disséquer les imaginaires forgés à droite et à l’extrême-droite du spectre politique.

La réflexion de l'atelier se place délibérément dans la longue durée. « L'euroscepticisme » existe en effet depuis les débuts du processus d'intégration européenne. Les différents acteurs et auteurs de l'unification européenne ont depuis le début eu des avis divergents sur la forme et le fonctionnement que la communauté européenne devrait adopter. Certains projets européens ont même émergé avant le début du processus historique d'intégration (les paneuropéens des années 1920 ont développé un éventail de possibles non-advenus, englobant jusqu’à la possibilité d’une organisée inspirée du fascisme italien).

Le sujet même de l'atelier induit une réflexion interdisciplinaire. Aussi, nous invitons les chercheurs en histoire, sciences politiques, philosophie, littérature, droit, économie, sociologie et d'autres disciplines à présenter leurs propres travaux sur ces thématiques, notamment autour des points suivants :

1) Les précurseurs : les idées, conceptions et projets d'une unification européenne qui précédent la construction réelle des institutions européennes. Dans quelle mesure ces projets précurseurs diffèrent-ils du processus historique de l'intégration européenne ? Quelle a été l'influence de différents modèles et contre-modèles dans le processus de la construction européenne (notamment de l'union panaméricaine) ? Quelles tensions apparaissent entre « idéalisme » et « pragmatisme », entre idées et réalisation de l'intégration européenne ? Existe-t-il d’emblée une division du travail d’invention politique entre acteurs partisans, intellectuels ou « experts » ?

2) Les conditions sociales de production des propositions (radicales) de transformer l'UE. Quel est le spectre des acteurs (intellectuels, écrivains, hommes politiques ou militants) intéressés à la production d’imaginaires alternatifs ? Comment l’objet « Europe » s’est-il inscrit dans les préoccupations de catégories d’acteurs existantes (journalistes, partis politiques, etc.), ou comment a-t-il été mobilisé dans le cadre de la constitution de réseaux transnationaux (politiques, culturels, etc.) ? Peut-on repérer des séquences historiques plus propices à l’élaboration des propositions de transformations radicales ? Comment ces projets se sont-ils distribués sur l’axe gauche-droite ? Quels sont les mécanismes qui ont produit les propositions « alternatives » comme telles ?

3) La place des « intellectuels » dans le travail d’imagination politique. À l’intérieur de ce travail politique, la place des intellectuels dénote depuis les premiers moments d’investissement de l’objet « Europe ». Quelles sont les « idées » portées par cette catégorie d’acteurs, hier et aujourd’hui ? Quels ont été les répertoires d’action mobilisés par ces acteurs pour promouvoir ces « idées » ? Quelles sont les conditions de possibilité, mais aussi les limites de l’investissement de cette thématique et de sa mise en circulation au sein de l’espace public ?


Nous prévoyons d'inviter à parts égales des titulaires et des « jeunes chercheurs » (doctorants et postdoctorants, mastérisants), afin de donner l'occasion à ces derniers de présenter leurs travaux.

Merci d'envoyer vos propositions de communication (environ 300 mots) avant le 15 mars

aux organisateurs :

Télécharger le fichierIsabell Scheele

Télécharger le fichierRafaël Cos


Mots-clés
Appel à communications, contribution, journée d'études, CECILLE, CERAPS, Europe, intégration européenne, interdisciplinarité, Union européenne
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