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Viva voce examinations of PhD Thesis

La politique au camping. Analyse comparée des rapports au politique des classes populaires en France et au Québec.

25/08/2020 17:00 Age: 91 jour(s)
Category: Political Science PhD

By: Antoine MAZOT

Cette thèse en science politique en cotutelle avec l’université de Montréal sera soutenue le 25 août 2020 à 17h en vidéo-conférence. Elle a été préparée sous la direction de M. Alexis Spire et Fabien Desage au sein du CERAPS.

Membres du jury :

M. Alexis SPIRE, IRIS - École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) - Directeur de thèse

Mme Pascale DUFOUR, CPDS - Université de Montréal - Co-directrice de thèse

M. Fabien DESAGE, CERAPS - Université de Lille - Co-directeur de thèse

Mme Nina ELIASOPH, University of Southern California Dornsife - Rapportrice

M. Éric AGRIKOLIANSKY, IRISSO - Dauphine Université Paris PSL - Rapporteur

Mme Laurence BHERER, Université de Montréal

M. Nicolas SALLÉE, Université de Montréal

 

Résumé :

Des deux bords de l’Atlantique, d’importantes recompositions des scènes partisanes et des résultats électoraux inopinés agitent les analyses politiques, médiatiques et pour partie universitaires. Ces phénomènes sont parfois interprétés au travers du prisme de la « montée des populismes ». Certains travaux pointent du doigt le « peuple » et sa propension à se laisser séduire, voire berner, par des leaders « populistes ». L’explication, souvent sur la base d’enquêtes de sondage, serait à trouver dans le vote, pêlemêle, des « perdants de la mondialisation », des classes populaires ou encore du monde ordinaire des zones rurales. Le constat d’un champ politique apparemment chamboulé par les franges dominées du monde social s’accompagne du paradoxe de pauvres votant contre leurs intérêts supposés. En France, ces questionnements s’inscrivent en partie dans des débats autour du vote des classes populaires dans un contexte d’effacement du clivage gauche-droite comme référent politique. Au contraire, au Québec, la scène partisane est présentée comme de plus en plus polarisée autour de ce clivage en raison du moindre attrait de la cause souverainiste tandis que la notion de classes populaires n’est pas aussi centralement mobilisée par les analyses politiques. En comparant ces deux cas distincts, ce travail de recherche vise à éclairer sous un jour qualitatif les rapports à la politique et au politique des classes populaires en France et au Québec. Sur la base d’une enquête ethnographique dans deux campings populaires dans le Pas-de-Calais et dans la partie sud de la région de Québec, ce travail étudie par le bas et dans une perspective comparée les représentations et les attitudes politiques de campeuses et de campeurs saisonniers dans des contextes de loisirs. Je mobilise comme données d’enquête une campagne d’une cinquantaine d’entretiens, des observations ethnographiques réalisées pendant deux saisons estivales dans ces deux campings et dans d’autres espaces de loisirs. En analysant les représentations ordinaires des sphères partisanes et les sens sociaux du vote auprès des enquêté-e-s rencontré-e-s, ce travail souligne une même distance soupçonneuse vis-à-vis du champ politique auprès de groupes sociaux aux propriétés sociales comparables. Le vote y apparait comme une information politique équivoque et parfois difficilement interprétable. A rebours des seuls schèmes savants de compréhension du jeu politique, ce travail souligne la mobilisation parmi les classes populaires françaises et québécoises d’outils profanes comparables, les indices et les rumeurs, qui observés in situ illustrent la pluralité des modes d’appréhension de la politique. Pour partie faiblement connectées aux enjeux du champ politique, souvent en écho à des expériences personnelles, les attitudes politiques des classes populaires nécessitent d’être étudiées dans une perspective plus large. Ces rapports au politique se comprennent davantage en réinscrivant ces représentations politiques et du monde social dans les relations qu’entretiennent ces enquêté-e-s à l’État et dans les frontières identitaires et de classe qu’ils et elles mobilisent pour se situer socialement. Cette recherche souligne ainsi les divergences et les effets de trajectoires sociales et de lieu dans les visions du monde que mobilisent les classes populaires dans ces deux espaces nationaux. Ma contribution vise donc à éclairer sous un autre jour les recompositions des scènes partisanes en France et au Québec en abordant la question au travers des rapports ordinaires à la politique des classes populaires. Elle esquisse une sociologie politique des classes populaires au Québec et prend position dans les débats portant sur la droitisation des classes populaires et sur la « montée des populismes » en France et au Québec en proposant une contribution méthodologique à l’ethnographie du politique.

 

Abstract :

In North America as in Europe, the issue of the working class vote fuels a wide debate. The academic field questions the evolution of the electoral bases of the traditional parties. By a comparative perspective France-Quebec, we want to question in a more qualitative way and from below the issue of political attitudes of the working classes, highlighting the diversity of profiles, trajectories and relations to politics and policies among the popular classes in France and Quebec, where left-right cleavage appears less structuring. We conducted a comparative ethnographic and qualitative research field. An entry through an immersion in a campground has been favored by its popular anchoring and because of the thickness of its social interactions. This project takes place both in the literature on electoral behavior and in the research agenda on ordinary politicization. It opens up unprecedented methodological perspectives and will also contribute to the deepening of knowledges about the working class in France and Québec and the circulation of this concept, much less used by the social sciences in Quebec.

 

Mots-clés
Classes populaires, Vote, Camping, Ethnographie du politique, Comparaison, Québec
Typo3
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