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Viva voce examinations of PhD Thesis

Gouverner la biodiversité par le marché. L'État, les cabinets de conseil et la compensation écologique

20/11/2019 14:00 Age: 1 an(s)
Category: Political Science PhD

By: Rémy PETITIMBERT

Cette thèse en science politique sera soutenue le 20 novembre 2019 à 14h00 en salle Guy Debeyre. Elle a été préparée sous la direction des Pr. Villalba et Mathiot au sein du CERAPS.

Membres du jury :

M. Andy SMITH, Sciences Po Bordeaux - Rapporteur

Mme Florence JANY-CATRICE, Université de Lille - Examinatrice

M. Tom BAULER, Université Libre de Bruxelles - Rapporteur

Mme Isabelle  BRUNO, Université de Lille - Examinatrice

 

Résumé :

Les évolutions de l’action publique de ces quarante dernières années, regroupées sous la dénomination de New Public Management (Hood, 1995), ont amené les acteurs privés du conseil à jouer un rôle de plus en plus conséquent dans la mise en œuvre des politiques publiques (Dreyfus, 2010). Ces acteurs, experts professionnels (Boussard, Demazière, et al., 2011) participent à la définition du problème public et des manières d’y répondre en proposant un cadrage cognitif et normatif. Ce dernier diffuse une vision particulière, issue des éléments cognitifs et théoriques, des valeurs et des intérêts de ces différents consultants et de leurs cabinets de conseil. Le cadrage proposé est issu de la rencontre entre ces consultants professionnels et un contexte qui se révèle tant dans les attentes de l’action publique qu’au sein des textes réglementaires (Smith, 2007) ou plus concrètement au sein de la commande publique (Nonjon, 2006). Les services de l’État vont ainsi, via le marché, déléguer les évaluations écologiques et la mise en œuvre de la compensation aux cabinets de conseils tout en exerçant une activité de contrôle sur leurs activités. Cette dernière se réalisera à travers le suivi des conditions d’exécution des prestations telles que détaillées au sein des cahiers des charges contractuellement établis. L’Etat légitime en conséquence l’activité des cabinets de conseils en leur confiant une activité qui relève de ses compétences initiales (Jullien, Smith, 2012). La compensation telle qu’elle est définie au sein de l’action publique établit un rapport entre les sociétés humaines et la nature qui postule que le vivant est substituable par la main de l’homme et que sa valeur s’appréhende à partir d’une relation aux sociétés humaines. En ce sens, la compensation incarne une perception, un point de vue et porte des valeurs issues d’un cadrage utilitariste et anthropocentré véhiculé par les acteurs contribuant à la définir en instrument d’action publique que sont les consultants. La compensation a ainsi un coût et une valeur économique exprimés par l’unité socialement construite entre toute qu’est la monnaie. La réhabilitation de l’environnement deviendrait ainsi un objet produit pour la vente sur un marché dédié c'est-à-dire une « marchandise ». Ainsi absorbée dans le marché, la terre se voit conférer une valeur d’usage (valeur attribuée à un bien apportant satisfaction à un besoin) et une valeur d’échange (capacité d’un bien à permettre à son détenteur de s’en procurer d’autres) produite par le travail des consultants, des maitres d’ouvrage et aménageurs. Or, la terre est ontologiquement une « donnée » ; la « production » de terre ne pouvant exister. Il s’agit alors de questionner la valeur de la nature institutionnalisée par le marché du conseil en évaluation environnementale dès lors que le marché devient une norme de gouvernement. Le travail de thèse s’appuie sur une enquête menée pendant quatre années en immersion au sein d’un cabinet de conseil spécialisé sur les questions environnementales ainsi que des entretiens auprès des aménageurs privés et des services de l’État compétents. Il traite de données qualitatives (recherche en immersion, entretiens, observations d’événements, analyse bibliographique et de littérature grise).

 

Abstract :

The public policy developments of the last forty years, grouped under the name of New Public Management (Hood, 1995), have led private actors of the board to play an increasingly important role in the implementation of public policies. (Dreyfus, 2010). These actors, professional experts (Boussard, Demazière, et al., 2011) participate in the definition of the public problem and ways of responding to it by proposing a cognitive and normative framework. The latter diffuse a particular vision, resulting from the cognitive and theoretical elements, values ​​and interests of these different consultants and their consulting firms. The proposed framework is the result of the meeting between these professional consultants and a context that is revealed both in the expectations of public action and within the regulatory texts (Smith, 2007) or more concretely in the public order (Nonjon , 2006). State services will thus, via the market, delegate ecological assessments and the implementation of compensation to consulting firms while exercising a control activity on their activities. The latter will be carried out through the monitoring of the conditions of performance of the services as detailed in the contractually agreed specifications. The state therefore legitimizes the activity of consulting firms by entrusting them with an activity that falls within its initial competences (Jullien, Smith, 2012). Compensation as defined in public action establishes a relationship between human societies and nature which postulates that the living is substitutable by the hand of man and that its value is apprehended from a relationship to human societies. In this sense, compensation embodies a perception, a point of view and carries values ​​derived from a utilitarian and anthropocentric framework conveyed by the actors helping to define it as a public action instrument that is the consultants. Compensation thus has a cost and an economic value expressed by the socially constructed unit between all that is money. The rehabilitation of the environment would thus become an object produced for sale on a dedicated market, that is to say a 'commodity'. Thus absorbed in the market, the land is given a value of use (value attributed to a good supplying a need) and a value of exchange (ability of a property to allow its holder to obtain others) produced by the work of consultants, project managers and developers. Now, the earth is ontologically a 'datum'; the 'production' of land can not exist. It is then a matter of questioning the value of the institutionalized nature of the environmental assessment consulting market as soon as the market becomes a standard of government. The dissertation is based on a four-year immersion survey conducted by a consulting firm specializing in environmental issues, as well as interviews with private developers and relevant government departments. It deals with qualitative data (immersion research, interviews, observation of events, bibliographic analysis and gray literature).

Mots-clés
Compensation écologique, Marché, Consultants, New Public Management
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